Le silence du rivage.
Un documentaire d’Yves Robic
Farrago-Production Asbl
Avec le soutien du Fonds d’aide à la création radiophonique de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Synopsis
Le mercredi 8 février 1978, ma mère, Yvette, se suicide en se poignardant.
J’avais 10 ans.
Comme elle était malade, j’avais été envoyé vivre avec mon jeune frère chez une famille d’amis.
Je ne vivais plus avec ma famille depuis plusieurs mois lorsqu’un mercredi matin, alors que je jouais tranquillement dans le jardin de la maison qui m’accueillait, on est venu me chercher.
On m’a conduit dans ma chambre, les adultes se sont assis devant moi et m’ont annoncé la nouvelle :
« Ce matin, maman ne s’est pas réveillée ».
Coup de pelle en pleine poitrine, la déflagration a été considérable.
Tout est là, dans ce premier mensonge qui a expurgé les points problématiques qu’il faut cacher aux enfants que l’on souhaite, soi-disant, protéger : la mort, la maladie, la violence.
À mon jeune frère comme à moi, on ne dira rien de plus et on ne montrera rien non plus.
Aucun accès à l’appartement, aucun accès au cercueil, à l’enterrement, aucun accès au cimetière non plus.
Si le point de départ de cette histoire est un drame, ce documentaire sonore et le récit d’une résilience, d’un retour à la vie, au sein d’une fratrie de 5 enfants qui sont aujourd’hui parents et grands-parents.
Il est aussi une mise en lumière sur ce point trop souvent occulté qu’est la non-prise en charge psychosociale et affective des familles touchées par un suicide.
